Christian BAUDELOT (ENS Ulm), Brigitte DETHARE, Sylvie LEMAIRE et Fabienne ROSENWALD (DPD)
>> Seconde
partie
Bruno Belhoste a rappelé dans son exposé,
les origines historiques des classes préparatoires et des grandes écoles
ainsi que la place très originale, qu’elles occupent dans le système
français. Le caractère duel de notre enseignement supérieur
et les classes préparatoires participent de cette exception française
qu’il est si difficile d’expliquer simplement à l’étranger...Et
pour cause, puisque ce fer de lance de l’école laïque et républicaine
est le fruit de l’église et de l’armée ! Héritage
composite qui réunit des aspects empruntés aux Collèges
des Jésuites, à la formation
des officiers des corps
techniques des armées de l’Ancien
régime et de l’Empire, à la recherche démocratique
des talents inspirée par la Convention, à la volonté des
entreprises et de l’Etat de sélectionner et de former les cadres
dont ils ont besoin.
Sources diverses qui partagent pourtant un point commun : une méfiance séculaire à l’égard de l’Université, jugée a priori incapable de former efficacement les cadres scientifiques et techniques dont l’Etat puis les entreprises avaient besoin. La division du travail est la suivante : à l’Université de former les « clercs », les intellectuels, savants et autres hommes de culture. Aux grandes écoles et aux classes préparatoires la mission de choisir et de former des professionnels chargés d’encadrer les diverses fonctions scientifiques, techniques de l’Etat et des entreprises.
Le positonnement statistique
Les données statistiques qui suivent permettent de se faire une idée précise de la place qu’occupe aujourd’hui les classes préparatoires dans l’enseignement supérieur ainsi que des évolutions récentes et même de moyen terme. La très grande qualité des statistiques scolaires établies depuis plus de cinquante ans par les services du Ministère – autre exception française, permet de remonter assez loin (années 60) mais surtout de combiner deux approches : une approche institutionnelle et une approche individuelle.
L’articulation de ces deux approches est absolument
nécessaire. Complémentaire de la vision historique qui vient de
nous être présentée, elle montre combien le système
des classes préparatoires ne constitue pas seulement un petit morceau
de notre enseignement supérieur mais comment, au contraire, il fait corps
avec la conception de l’excellence scolaire à la française.
Elle permet également d’identifier des
marges d’action, en particulier de repérer de
nouveaux viviers susceptibles de renouveler et
d’élargir la base sociale, scolaire et géographique des
publics des CPGE. Elle appelle ainsi à modifier le profils des élites
de demain de manière à ce qu’ils soient plus en phase avec
les transformations des emplois et des métiers de la France de demain.
Pendant la première partie de l’étude, le champ considéré
est celui des classes préparatoires publiques relevant du Ministère
de l’Education Nationale. Les autres CPGE (celles du ministère
de l’agriculture, de la défense ainsi que les écoles privées)
représentent en 2002, 17 % des effectifs, soit
12600 étudiants. Mais pour des raisons de suivi sur longue période
et de meilleures statistiques nous ne les avons pas incluses dans notre étude.

Observons l’évolution des effectifs des classes préparatoires
depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, soit plus d’un demi-siècle.
Le profil d’ensemble est à la hausse, avec trois périodes
bien distinctes :


En dépit des fortes variations des effectifs enregistrées dans la première courbe, des transformations de la composition organique des prépas (plus de prépas commerciales et économiques), en dépit de toutes ces créations de classes ici et là, au prix d’un travail acharné de chefs d’établissements et des associations professionnelles qui devaient développer des trésors d’ingéniosité et d’obstination pour faire ouvrir dans leur établissement qui une khagne BL, qui une taupe M, ou une prépa Hec, c’est un tableau de la constance et des permanences que la statistique nous invite à contempler.
L’information la plus intéressante du graphique réside en effet dans l’alignement des petits bâtonnets bleu roi qui représentent la part occupée par les classes préparatoires par rapport à la part des étudiants de premier cycle des universités. Elle ne varie quasiment pas oscillant légèrement au cours du dernier quart de siècle autour de 7%, tantôt un peu plus, tantôt un peu moins. Dans le cadre d’une tendance générale à la hausse des effectifs de l’enseignement supérieur, les classes préparatoires ont maintenu, à la décimale près, leur place. Ni plus, ni moins.
Le phénomène est particulièrement remarquable lorsqu’on sait qu’une partie de la régulation des effectifs est spontanée. Ce quota de 7 % n’a jamais fait l’objet d’une décision politique ou administrative. Nombreux ont également été les bouleversements de l’enseignement supérieur au cours de la période. Or, dans cet ensemble, la proportion des prépas reste constante.
Deuxième enseignement de ce graphique, celui
qui joue le rôle de trompe l’œil, tant il est spectaculaire
:la forte croissance d’autres filières sélectives de premier
cycle : IUT et STS. La seule croissance de ces filières réduit
considérablement la part des classes prépas proprement dite dans
le secteur ouvertement sélectif : elle tombe de 10 points (de 29 à
18). Le secteur ouvertement sélectif se rééquilibre donc
au détriment des CPGE et au profit des IUT et STS.
Autre évolution importante : la montée des classes BL (sciences
économiques et sociales), nouvelles venues dans le paysage qui ont créé
un pôle nouveau, un pôle d’avenir au sein des formations littéraires,
en recrutant des bacheliers scientifiques et en diversifiant considérablement
leurs débouchés : ens, ensae, écoles de commerce, etc…Elles
ne représentaient que 4 % des effectifs des khagnes littéraires,
elles sont passées à 10 % et ne demandent qu’à croître
et embellir.
Au terme de ce premier aperçu, il ressort que
les Cpge ont évolué, mais qu’elles ont évolué
au même rythme que l’enseignement supérieur en général,
d’autres structures ouvertement[1] sélectives voyant le jour et
se développant à leurs côtés.
Cependant – spéciale dernière ! ! !- à la rentrée
2002 on observe une forte hausse des nouveaux entrants en CPGE (+3,6%)
alors que les nouveaux entrants baissent en IUT (-1,5%) et en STS (-2,5%).
Il importe maintenant de compléter cette première vue d’ensemble par une analyse plus détaillée des évolutions internes, de mieux caractériser les différentes populations qui composent cet ensemble et ses sous-ensembles. Chercher à savoir comment au fil du temps, les classes préparatoires se distribuent sur l’ensemble du territoire, entre Paris et la Province, distinction stratégique en France. Se demander si le procès qu’on leur fait souvent de n’attirer que des garçons et de repousser les filles est fondé ou si les filles au contraire ne commencent pas à conquérir à leur manière ce nouveau territoire. S’interroger également sur leur recrutement scolaire. Et puis aussi d’avoir des idées plus claires sur l’évolution de son recrutement social.
Chacun se souvenant de l’article de Michel Euriat et Claude Thélot qui montrait qu’en trente ans les chances d’un enfant d’origine populaire d’entrer dans l’une des quatre très grandes écoles (Ens, X, Hec, Ena) sont demeurées constantes : 24 fois moins de chances qu’un élève originaire d’un autre milieu.
Longtemps, le centralisme jacobin (qui existait déjà sous l’Ancien Régime ! ! !) a fait de Paris le foyer unique des lumières, la capitale concentrant les meilleures formations.
De fait, Paris et la région parisienne abritaient
en 1970, 40 % des élèves scolarisés
en classes préparatoires. Les trente dernières
années du siècle passé ont sensiblement corrigé
cette disparité majeure. Soixante dix pour cent des effectifs étudient
désormais dans des classes préparatoires situées en dehors
de la Région Parisienne, sur l’ensemble du territoire, les parts
de la Région parisienne et de Paris intra muros étant respectivement
tombées en trente ans de 40 à 33%
et de 30 à 19%.
Aujourd’hui, seul un élève de prépa sur cinq est
scolarisé à Paris. On a donc une redistribution vers la province
et à l’intérieur de l’Ile de France hors de Paris.
Progrès certes mais qui semble avoir atteint un palier. La situation
ne progresse plus depuis 1995.…
Et le poids de Paris reste encore très élevé
: il existe une forte redistribution des élèves entrant en classes
prépas avant et après l’obtention de leur baccalauréat.
Les bacheliers parisiens inscrits en CPGE ne représentent que 8% du total
des bacheliers qui continuent en CPGE. Or, 17% - un peu plus du double - des
bacheliers entrant en CPGE font leur scolarité à Paris.
De plus, si toutes les académies de France possèdent des classes
préparatoires, les capacités d’accueil sont très
variables : en France métropolitaine et sans l’académie
de Corse, .le rapport est de 1 à 24 entre l’académie dotée
de la capacité d’accueil la plus faible (Limoges avec 470 élèves)
et l’académie dotée de la capacité d’accueil
la plus large (Paris avec 11 130 élèves). Six académies
(Paris, Versailles, Lyon, Lille, Rennes et Toulouse) sur 26 concentrent à
elles seules près de la moitié des effectifs.
Rien d’étonnant, dans ces conditions, si les élèves
de CPGE sont plus mobiles que les autres étudiants du supérieur.
De fait, les CPGE suscitent d’importants flux migratoires. Alors qu’un
étudiant sur dix change d’académie après son bac,
c’est le cas d’un préparationnaire sur quatre.
Plus précisément, sur l’ensemble des élèves
qui continuent après leur baccalauréat en CPGE
Il existe par contre une bonne raison de se réjouir,
sans devoir le moins du monde bouder son plaisir. Il s’agit à coup
sûr de la transformation la plus importante intervenue au cours des cinquante
dernières années dans l’univers des clases préparatoires.
La percée scolaire des filles.
Certes, on est encore loin de la parité. Surtout, les classes préparatoires
accusent un retard considérable sur l’évolution en cours
dans toutes les autres instances de l’enseignement, médecine comprise.
La percée des filles s’est effectuée là avec retard
et sur un rythme moins soutenu qu’ailleurs. Mais il faut pour mesurer
à sa juste valeur ces évolutions récentes se souvenir d’où
l’on part, c’est-à-dire d’un état voisin du
degré zéro. Ces classes, héritées, rappelons-le
des collèges des Jésuites, avaient gardé de l’Eglise
cette défiance dont toutes les religions ont toujours fait preuve à
l’égard des femmes. S’agissant de former l’élite
intellectuelle du pays, ces classes ne pouvaient recruter que des hommes. Les
grandes écoles étaient des écoles de garçons. Ce
n’est plus le cas.
Figure 8
Si le rythme de croissance des années récentes d’1 % par
an se maintient, la parité sera enfin réalisée vers 2009
ou 2010, ce qui a longtemps été exclu des imaginations les plus
hardies. Petite ombre au tableau, toutes les filières ne sont pas également
féminisées. Et une analyse plus fine des prépas scientifiques
montre que la poussée des filles est forte dans les classes bio et plus
faible, beaucoup plus faible dans les prépas Maths et Physique. Par contre,
les filières « modernes », économiques, commerciales
et sciences sociales se caractérisent par des poussées significatives.
La « femme étant l’avenir de l’homme », ne sont-ce
pas ces filières qui sont aujourd’hui, le plus porteuses d’avenir
? ? ? ?
Figure 9
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Si certaines filières ne sont pas encore assez féminisées
(le noyau dur des prépas scientifiques), certaines par contre, le sont
trop (les prépas littéraires, avec près de 80 % des filles).
L’équilibre étant presque atteint par les préparations
commerciales. Phénomène là encore très récent
: l’art de la vente et des échanges a longtemps été
un apanage masculin, associé à la faconde (voir le personnage
de Gaudissart chez Balzac). Depuis que ces professions commerciales et économiques
sont devenues plus scientifiques et rationnelles (marketing, études de
marché, prévisions, modèles économétriques,
direction de grandes surfaces…), elles se sont ouvertes aux femmes qui
y font merveille. Idem pour la filière B/L, sciences économiques
et sociales. A chacun de se demander où est la cause, où est l’effet
?
Mais, en dépit de ces fortes disparités sectorielles, les pentes
sont à la hausse dans les trois secteurs. Le retard accumulé dans
le domaine des prépas scientifiques et surtout dans son noyau dur (maths-physique)
constitue à lui seul un grave problème. Ne nous laissons pas berner
par les représentations graphiques. N’oublions pas que la micro
flûte de Pan à gauche (celle des prépas scientifiques),
qui se font toutes petites, lorsqu’il s’agit d’enregistrer
la progression des filles, dissimule sous sa taille modeste les gros bataillons
des prépas. Souvenons-nous des premiers schémas.
La courbe présentée montre avec clarté un phénomène
décisif, confirmé par beaucoup d’autres analyses. Les effectifs
masculins stagnent ou régressent, ceux des filles ne cessent de progresser.
Autre phénomène non négligeable : les filles contribuent
plus que les garçons proportionnellement à leur poids à
la croissance des effectifs en CPGE.
Ainsi de 1975 à 2002 les effectifs de filles en CPGE ont augmenté
de 172% alors que ceux des garçons n’augmentaient que de 60%. Ce
sont les filles qui ont le plus contribué à la croissance totale
des effectifs de CPGE et leur poids augmente donc de 1975 à 2002 comme
nous l’avons vu précédemment. Ce phénomène
se retrouve quelle que soit la filière de CPGE.
Récemment, de 2000 à 2002, les effectifs de garçons baissent
de 1% alors que les effectifs de filles augmentent de 7%. Ces évolutions
inverses se retrouvent également quelle que soit la filière.
C’est donc aux filles qu’on doit dans les dernières années
le maintien et la progression du poids des classes préparatoires dans
le système d’enseignement supérieur français. Ce
mouvement est particulièrement net dans le secteur des prépas
commerciales. Par contre, la décroissance sensible de la participation
masculine aux formations littéraires pose un problème du même
ordre que la sous représentation des filles dans les prépas scientifiques.
Christian
Le moment est venu d’aborder un sujet délicat. Celui du recrutement
social des classes préparatoires et de son évolution. Afin de
ne pas froisser des oreilles sensibles par un discours trop appuyé sur
la reproduction, nous avons opté pour une présentation muette
en laissant cette fois les faits parler d’eux-mêmes. Car ils sont
éloquents…..
Mais ces disparités sociales se construisent tout au long de la scolarité.
Graphes CSPP
En matière sociale, une situation n’est jamais désespérée.
La connaître de façon objective constitue un premier pas pour la
transformer. Une analyse des évolutions récentes des baccalauréats
indique l’existence de nouveaux viviers.
Fabienne
Les analyses précédentes des évolutions des CPGE permettent déjà d’identifier deux viviers d’élèves pour les CPGE mais également de mettre en évidence une certaine démocratisation des recrutements en CPGE sur 25 ans. Un troisième vivier apparaîtra à la fin de l’ Acte II..
a) les bacheliers technologiques.
Globalement, la courbe des bacheliers
a la même allure que celle des effectifs de CPGE avec des différences
qui sont liées au comportement des différents bacs, des différentes
séries composant le bac général du bac mais surtout aux
taux de poursuite des bacheliers en CPGE. Ces deux facteurs ont joué
de grands rôles sur la période et la hausse des effectifs de CPGE
est due à la fois à une augmentation du nombre de bacheliers mais
également à une croissance de leurs taux de poursuite en CPGE.
Ainsi, de 1975 à 2002, le nombre de bacheliers généraux
a augmenté de 63% et celui des bacheliers technologiques de 170%.
Parallèlement de 1975 à 2002 les effectifs des entrants en CPGE
venant d’un bac techno de 2288% et ceux d’un bac général
de 79%, donc beaucoup plus que leur effectifs au bac. On assiste donc à
une hausse des taux de poursuite des bacheliers en CPGE à la fois pour
les bacheliers généraux et pour les technologiques. On a le même
phénomène quelle que soit la série au bac général
:
Les taux de poursuite jouent un rôle essentiel mis un peu compliqué à analyser puisqu’ils mesurent à la fois un attrait pour les CPGE, un nombre de places disponibles mais également un degré de sélectivité, ces trois facteurs n’étant pas totalement indépendants entre eux :
Cette hausse des taux de poursuite des
bacheliers généraux en CPGE a permis de compenser la baisse des
bacheliers généraux et plus particulièrement celle des
bacheliers S si bien qu’on assiste en 2002 à une hausse
des entrants en 1ère année de CPGE
alors qu’on observe une baisse des effectifs en IUT et STS.
Dans la conjoncture démographiquement déprimée que nous
connaissons, les CPGE demeurent toujours attractives.
Si on examine plus finement le profil des bacheliers on constate une redistribution
des profils des élèves en terminales et en CPGE en terme de bac,
de séries mais également d’options. Cependant cette redistribution
a évolué dans le temps.
En 1975 Au baccalauréat
général ou technologique on avait 75% de bacheliers généraux
et 25% de bacheliers technologiques. Plus précisément parmi les
bacheliers généraux 33% avaient un bac A, 14% un bac B et 53%
un bac C, D , D’ ou E ( avec 37% d’entre eux un bac C).
Les bacheliers qui se retrouvent en CPGE étaient pour 99,6% des bacheliers
généraux et pour 0,4% des bacheliers technologiques. Plus précisément
parmi les bacheliers généraux qui entrent en CPGE 17% avaient
un bac A, 3% un bac B et 80% un bac C, D , D’ ou E ( avec 80% d’entre
eux un bac C).
En 2002 Au baccalauréat
général ou technologique le poids des bacheliers technologiques
a été multiplié par 1,4 et leurs effectifs par 3 : on a
65% de bacheliers généraux et 35% de bacheliers technologiques.
Plus précisément parmi les bacheliers généraux 19%
ont un bac L, 31% un bac ES et 50% un bac S.
En 2002 soit 27 ans plus tard le poids
des bacheliers technologiques en CPGE a été multiplié par
12 et leurs effectifs par 24: les bacheliers qui se retrouvent en CPGE sont
pour 5% des bacheliers technologiques. Plus précisément parmi
les bacheliers généraux qui entrent en CPGE 12% avaient un bac
L, 12% un bac ES et 76% un bac S.
Aussi, les bacheliers technologiques rendent compte, à eux seuls, entre
1975 et 2002 de 10% de l’évolution des effectifs d’ensemble.
Alors qu’ils ne représentaient que 0,4 % des effectifs de CPGE
en 1975, ils en représentent 5 % aujourd’hui. Leurs taux de poursuite
en CPGE a été multiplié par 10. Mais cela reste faible
: si seulement 0,1% d’entre eux entraient en CPGE en 1975, ils sont 1%
actuellement.
Autre mesure qui confirme la première. Les rapports de chances relatives
d’entrée en CPGE, entre un bachelier général et un
bachelier techno, un bachelier S et un autre bachelier ont diminué depuis
75. On enregistre ainsi une diminution des disparités scolaires face
à l’entrée en CPGE.
b) Les filles
De 1975 à 2002, le nombre de bachelières générales a augmenté de 70% alors que celui des bacheliers généraux n’augmentait que de 54%. Le nombre de bachelières générales série S a augmenté de 59% alors que celui des bacheliers généraux n’augmentait que de 47%. Le poids des filles a donc augmenté au bac général et au bac S mais également en ES et L. Sur la même période leur présence en CPGE a été multipliée par trois, donc plus que leurs effectifs au baccalauréat. Leur taux de poursuite en CPGE a donc cru fortement. De plus, quelle que soit la filière les effectifs de filles ont plus augmenté que ceux des garçons si bien qu’elles expliquent, à elles seules, plus de la moitié de la croissance des effectifs en CPGE de 1975 à 2002 alors qu’elles représentent bien moins que la moitié des effectifs.
Cette forte contribution des filles aux évolutions des CPGE est due à la fois à une augmentation des effectifs de bachelières, à une hausse de leur poids au bac mais également à une progression de leur taux de poursuite en CPGE. Allons plus loin : depuis 1995, c’est la poussée des filles qui soutient les Cpge puisque les effectifs masculins diminuent. Alors qu’elles ne représentaient que 30 % des effectifs, elles passent à 40 aujourd’hui.
Il y a là un fort potentiel : d’autant qu’elles sont plus souvent bachelières, qu’elles obtiennent plus souvent avec une mention. Or, ces poids des filles dans les différentes séries au bac et cette meilleure réussite des filles ne se retrouve pas en CPGE lorsqu’on examine le poids des filles. Les réserves sont grandes et forte est la marge d’accroissement. Les filles ont toujours moins de chances d’entrer en classes prépa que les garçons mais l’écart se resserre. Les rapports de chances relatives d’entrée en CPGE, entre un bachelier et un bachelière ont diminué depuis 75. On enregistre ainsi une diminution des disparités filles/garçons face à l’entrée en CPGE.
Nous tirerons de ce premier acte, 5 conclusions :
| 57 % des garçons et 59 % des filles,
élèves de classes préparatoires,sont issus de milieux
sociaux supérieurs ou de familles d’enseignants…. Lesquels
ne représentent que 18 % de la population
active |
|
| Un bachelier inscrit en CPGE sur 4 a une mère enseignante |